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lundi 2 mars 2015

Sujets du 2 mars 2015

Proverbe/citation du jour
«Le langage est la peinture de nos idées.»-Rivarol


Des futurs profs qui en arrachent en français dans un système qui enseigne mal la langue
On ne doit pas demander à une personne qui se destine à l'enseignement de posséder son français aussi bien qu'un membre de l'Académie française, mais celle-ci doit au moins avoir des connaissances linguistiques supérieures à la moyenne.

Je lis ce matin un article où on spécifie que plus de cinq années après son entrée en vigueur, l'examen obligatoire de français est échoué par la moitié des étudiants en enseignement à la première tentative. Est-ce normal? NON. Comment notre jeunesse peut-elle apprendre à bien écrire quand les enseignants en sont eux-mêmes incapables?

Je ne me sens pas si bien placé pour faire la morale aux futurs enseignants et à ceux qui travaillent présentement dans le domaine. J'ai été moi-même prof durant dix ans, après avoir complété un baccalauréat en enseignement du français au secondaire à l'Université Laval, en 1993. J'ai réussi l'examen obligatoire de français d'alors par la peau des dents, mais je l'ai réussi quand même, à la première tentative. J'ai aussi passé facilement le test de compétences du CÉFRANC en décembre 1997, avec une moyenne cumulative de 87%. La dame qui m'a communiqué mes résultats m'a alors dit que j'étais nettement au-dessus de la moyenne.

Le français n'a jamais été ma matière la plus forte sur le plan académique, j'étais plus doué en histoire. Or, j'ai délibérément choisi le français parce que j'étais conscient qu'avec un diplôme dans cette matière, je serais un enseignant plus polyvalent. La suite m'a donné raison, car lorsque je devais passer un test de français lors d'une entrevue d'embauche, je me classais toujours parmi les meilleurs, mais encore mon français est loin d'être parfait, je le reconnais.

Quand c'était possible, dans mes classes de français, je ne suivais pas le programme. Je préférais consacrer le tiers à la moitié du temps en classe à des exercices de grammaire et d'orthographe, en donnant notamment des dictées et des exercices d'homophones. Dans de petits classes, comme celles auxquelles j'enseignais, en milieu autochtone (dix à quinze élèves par classe en moyenne), cela allait bien, mais ce travail devient immense pour une enseignante qui a quatre classes de trente élèves dans une école de taille plus importante.

Au début des années 1990, le programme de français mis en place par le péquiste Camille Laurin, au début des années 1980, était encore en vigueur. Ce dont je me souviens le plus à ce propos, c'est qu'on y avançait l'idée que la langue devait être enseignée à partir d'exemples tirés de textes et qu'on devait éviter d'enseigner la grammaire « pure » à partir d'exercices spéciaux. On parle ici du primaire et du secondaire.

Que dire de ce qui se passe ensuite au cégep et à l'université? Sauf si on suit des cours spécialisés en langues, plus personne n'a à suivre des cours de français, ce qui veut dire que le peu d'acquis des premières années en classe tombe dans l'oubli.

Tout ce dont il est question ci-haut, c'était avant l'avènement d'Internet. Les « téléphones intelligents » n'aident assurément pas la jeunesse à mieux écrire. Au contraire, ils empirent la situation...

Tout cela pour vous dire qu'il est clair que nous devons rehausser les standards de l'enseignement de la langue dans nos écoles, et ce dès le début du primaire, et oui, nous devons aussi être plus sévère dans la sélection de ceux et celles qui veillent à l'éducation de nos enfants.

Qui parmi vous a appris son français grâce à ce livre?

Il n'y a pas encore de P.A. Junior dans le décor, mais je me promets de lui enseigner moi-même la langue s'il finit par voir le jour. J'ai précieusement conservé depuis ma première année du primaire le livre que l'on utilisait en classe pour nous apprendre à lire et à écrire, « Jouons ensemble.» Qui ici se souvient de la petite souris qui fait « Hi! Hi! » et du cultivateur qui fait «Hue! Hue! »??? La méthode a été efficace dans mon cas et dans celui de ma sœur? J'ai l'intention de la communiquer aux descendants des Beaulieu!!!

Trotte-Menu dit "Hi! Hi!" et le moissonneur dit "Hue! Hue!"

Pour conclure, je rie à m'en fendre la gueule quand j'entends un souverainiste venir me brailler qu'on doit veiller à la préservation du français, la langue de nos ancêtres, surtout quand je constate que la plupart d'entre eux ne sont pas foutus d'écrire un français meilleur que le « méchant fédéraliste » que je suis...

mercredi 21 janvier 2015

Sujets du 21 janvier 2015

Proverbe/citation du jour
«Écrire proprement sa langue est une des formes du patriotisme.»-Lucie Delarue-Mardrus


Le fleurdelisé, un drapeau « volé » par les souverainistes, qui souvent ne parlent et n'écrivent même pas bien leur français
Le fleurdelisé vit aujourd'hui son 67e anniversaire. En effet, c'est le 21 janvier 1948 que pour la première fois, le fleudelisé a été hissé à l'Assemblée nationale du Québec. Pour plus de détails à ce sujet, je vous invite à lire un texte de Jean-François Veilleux portant sur le sujet, intitulé « 10 choses à savoir sur le drapeau du Québec », que vous retrouverez sur le site Le Québécois du Réseau de résistance du Québécois. Je concède à l'auteur que son texte sur le sujet est objectif, raison pour laquelle je vous le suggère ici.

Pour P.A. Beaulieu, dans le contexte actuel au Québec, la fleur de lys devrait être remplacée par autre chose, ça pourrait même ressembler à ceci :



Pourquoi?

Le drapeau du Québec est « notre » drapeau n'est-ce pas? Je suis d'accord sur ce point. C'est aussi mon drapeau, j'en ai même un, le plus grand de tous ceux que je possède, que j'ai acheté dans une vente de garage, à Cap-Rouge, alors que j'étais encore étudiant en secondaire V, au printemps 1988. J'ai de la difficulté à le mettre en valeur. Pourquoi donc?

Tout simplement parce que les souverainistes et les indépendantistes nous ont depuis longtemps volé ledit drapeau. Je me vois mal faire flotter le mien, « anti-souverainiste » et « anti-indépendantiste » que je suis.

Vous l'ignorez probablement pour la plupart, mais mon engagement politique a débuté alors que je fréquentais encore le primaire, à l'école Champagnat de Sainte-Anne-des-Monts, que j'ai fréquentée pour la cinquième et ma sixième année, au début des années 1980. La direction et le personnel de l'école, souverainistes à l'os, on lancé l'idée d'un « salut au drapeau ». Vous aurez des détails sur cette période de ma vie ici, dans un billet que j'ai écrit le 19 février 2012. Vous pourrez aussi mieux saisir pourquoi je m'oppose à la souveraineté du Québec, du moins de la manière qu'on nous la propose en ce moment.

Je me permets même d'ajouter que ti-cul de 12 ans que j'étais, j'ai été directement au bureau de la direction de l'école pour demander une copie supplémentaire du document sur le salut au drapeau, une copie que mes parents ont fait par la suite parvenir à un député libéral de l'Assemblée nationale, à Québec, et que le gouvernement péquiste d'alors a été questionné à ce sujet. Nous n'en avons plus entendu parler par la suite dans notre école. J'ai moi-même été prof de 1994 à 2006 et je tiens à le répéter une fois encore : nos écoles ne doivent pas être un lieu d'endoctrinement politique, et jamais je ne tolérerai qu'un politicien en exercice chanter sa salade à des enfants qui ne sont pas encore en âge de voter, quelle que soit sa tendance, même fédéraliste!

J'ai beau avoir ben ben de la misère avec les souverainistes et les indépendantistes, mais je leur concède un point quand ils n'accaparent pas un symbole propre à tous les Québecois, quelle que soit leur opinion politique, quand ils affichent leurs couleurs.

Je me souviens qu'il n'y a pas si longtemps encore, Patrick Bourgeois, du Réseau de résistance du Québecois, faisait flotter devant sa maison, dans le secteur de l'Anse, à Sainte-Anne-des-Monts, un drapeau des patriotes comme celui qui suit :


J'ai quelque part dans mes archives photographiques une photo de celui qui flottait chez Bourgeois, mais je n'arrive pas à la trouver, c'est la raison pour laquelle vous voyez ici un exemple générique. Je concède au leader du RRQ qu'il adopte des couleurs représentatives et c'est à son honneur.

Attendez-vous à ce que P.A. Beaulieu, qu'il habite à Sainte-Anne-des-Monts ou ailleurs, fasse aussi flotter devant sa chaumière le drapeau suivant :

« Ne me marche pas dessus! » Vous pouvez cliquer ici pour plus de détails.
À mon avis, le nationalisme passe bien plus par la maîtrise de la langue que par un drapeau. J'ai choisi la citation du jour en fonction : « Écrire proprement sa langue est une des formes du patriotisme. »-Lucie Delarue-Mardrus

Je serais curieux d'entendre les Patrick Bourgeois, Pierre Karl Péladeau et Pascal Bérubé de ce monde sur la question de la piètre qualité de la langue française au Québec. Pourquoi celle-ci est-elle si pourrie?

Dans le cas de Bourgeois, je le lui concède, sa plume va bien au-delà de la mienne, mais dans le cas de Bérubé, ça fait pitié, un autre bel exemple ici bas :


Visitez la page Facebook du député, consultez son compte Twitter, et vous allez en voir des fautes d'orthographe...

Je trouve pathétique le fait que Pascal Bérubé, malgré le fait que son père était enseignant, que lui même a étudié en éducation, et qu'en plus il fasse la promotion du français et qu'il veule la souveraineté du Québec, ne soit pas foutu d'écrire dans un français convenable, et cet exemple ci-haut n'en est qu'un parmi tant d'autres. Ce sont des erreurs qu'un enfant du début du secondaire pourrait éviter en plus!

Je me suis moi-même fait reprocher à quelques reprises de ne pas avoir un français de meilleure qualité, et ce malgré ma formation à titre d'enseignant du français langue maternelle au niveau secondaire. J'en conviens, je ne suis pas "le top" mais je peux vous affirmer que mon niveau de français est déjà de loin meilleur que celui de plusieurs des enseignants du réseau scolaire québécois.

Tandis que j'y suis, voici une version numérisée de la lettre que le CÉFRANC m'a fait parvenir, suite aux tests sur la qualité de mon français à titre d'enseignant, à Montréal, en 1997.


Je ne suis pas si hot que ça en français, mais je pense torcher une couple de souverainistes défenseurs de la langue française malgré tout...

Bonne journée mesdames et messieurs!

mercredi 14 mai 2014

Sujets du 15 mai 2014

Proverbe/citation du jour
« Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercice de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte. » Chagrin d'école (2007) Citations de Daniel Pennac


La problématique d'Exploramer à Sainte-Anne-des-Monts
Exploramer est un beau musée, un endroit que les touristes doivent visiter lors de leur passage en Gaspésie, j'en conviens, mais Exploramer coûte cher.

Aujourd'hui encore, un appel à l'aide est lancé, cette fois par le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier.

Exploramer
Le musée a besoin de 250 000$ pour boucler son budget. La situation se répète à tous les ans, et on nous rappelle à chaque occasion que Exploramer est une institution muséale reconnue par le gouvernement du Québec, qui ne lui assure pas toutefois de financement récurrent.

Combien coûte Exploramer aux contribuables par rapport à ce que le musée rapporte? C'est là une simple question à laquelle personne ne semble vouloir répondre. Si le musée n'est pas rentable, pourquoi devons-nous continuer à le soutenir?

Sandra Gauthier (source)
Que font Sandra Gauthier, la directrice de l'établissement, de même que son équipe, afin de trouver d'autres sources de financements que les poches des contribuables? Quelles mesures prennent-ils afin de rentabiliser les activités du centre?

Dans toute entreprise, quand ça va mal financièrement, la première chose à faire est d'analyser les revenus, puis les dépenses, et de couper afin d'atteindre le seuil de rentabilité. Autrement dit, quand on manque de moyens, on coupe dans le gras avant de demander plus d'argent pour acheter plus de bouffe... Que font les gens d'Exploramer dans ce sens?



Des profs qui ne savent pas écrire mais qui enseignent quand même à nos enfants
J'ai beau ne pas du tout supporter le projet souverainiste et m'opposer farouchement à toute loi relative à la langue imposée au peuple, mais cela ne veut pas dire pour autant que je n'accorde aucune importance à la qualité du français au Québec.

Je suis loin d'être un maître dans l'art de parler et d'écrire la langue de Molière, je le reconnais, mais je crois tout de même me tirer assez bien d'affaire. Je me souviens de Pierre Dostie, un enseignant en littérature dont j'ai suivi un cours à l'Université Laval, en 1992, qui m'a dit un jour que bien que mon français n'était pas des plus forts en terme de richesse, il était tout de même efficace, direct, et que j'étais capable de clairement exprimer mes pensées par écrit, et qu'il en était bien ainsi.

J'ai complété un baccalauréat spécialisé en enseignement du français au secondaire à l'Université Laval en 1993. Mon but premier n'était même pas d'enseigner le français, je planifiais déjà de devenir un enseignant généraliste, sachant que dans les petites écoles en région, la versatilité importe. Je me disais simplement à l'époque, la suite des choses l'a confirmé, qu'en détenant un diplôme en français, j'aurais plus de facilité à me décrocher un emploi non seulement en enseignement, mais aussi dans d'autres domaines où la langue compte, dans les médias notamment.

À combien de reprises ai-je vu des enseignants de diverses écoles où j'ai travaillé écrire « tout croche » au tableau, étant incapables d'écrire une phrase sans y faire plusieurs fautes? Comment peut-on espérer ainsi que notre jeunesse va pouvoir parler, écrire et même lire sa langue maternelle sans éprouver de difficultés?

Devons-nous tolérer la présence dans nos écoles d'enseignants ne maîtrisant pas le français de façon acceptable? Hier, j'ai lu un article de Louise Leduc, de La Presse, portant sur le fait d'enseigner quand on a du mal à écrire. Cela m'amène aujourd'hui à m'arrêter à nouveau sur cette question aujourd'hui.

Madame Leduc fait mention d'une étude sur le sujet menée par un chargée de cours de l'Université du Québec en Outaouais, Geneviève Carpentier, auprès d'enseignantes débutantes au primaire. Certaines utilisent un logiciel comme Antidote pour s'assurer d'éviter les fautes, alors que d'autres utilisent leur iPhone, ou des messages génériques trouvés sur le Web lorsqu'elles doivent communiquer avec les parents par exemple.

J'en conviens, certains enseignants peuvent avoir un piètre français alors que pour tous les autres aspects liés à leur travail, ils sont excellents, mais un fait demeure : leur français est mauvais et cela a un impact sur ce qui se passe en classe. Comment un prof ayant un mauvais français peut-il corriger les erreurs des jeunes qui lui sont confiés?

Mes résultats au test du CÉFRANC - 1998

Comme je l'ai mentionné plus haut, j'ai étudié en éducation et j'ai moi-même enseigné durant dix ans. En terme de versatilité pour l'enseignement de diverses matières, je crois pouvoir très bien me tirer d'affaire, et pour ce qui est de la langue, même si mon français est loin d'être parfait, il est supérieur à celui de plusieurs profs que j'ai connus. J'ai aussi noté que nombre d'enseignants ont une culture limitée, mais cela est une autre question et je ne veux pas m'éloigner du sujet principal de ce billet.

J'ai passé le test du CÉFRANC, un organisme chargé d'évaluer la qualité du français du personnel de ce qui était la Commission des écoles catholiques de Montréal, avec une moyenne de 87% (93% en composition et 82% dans un examen de grammaire à choix de réponses), en décembre 1997.

J'ai quitté la profession non pas par manque de compétences en français ou en qualité de savoir, mais parce que j'éprouvais de la difficulté à gérer une classe. Être un bon prof, si vous voulez mon avis, ce n'est pas autant connaître et enseigner sa matière que de gérer une classe, surtout dans un monde où les enfants-rois ont toujours le dernier mot!

Pour en revenir au français, je l'ai enseigné comme langue maternelle durant environ quatre ans durant toutes mes années dans le domaine. J'ai chemin faisant souvent désobéi aux consignes du programme demandant que l'on étudie la langue à travers des textes pour plutôt concentrer mes efforts sur la dictée et des exercices de grammaire. Cela représentait beaucoup de travail de correction, mais j'ai ainsi pu constater une amélioration chez beaucoup d'élèves.

Ce qui est anormal, à mon avis, c'est que notre système scolaire permette à des individus ayant une piètre qualité de langue de passer à travers tout un parcours académique allant de la maternelle à la fin de cours universitaires, pour les laisser ensuite enseigner à nos enfants, sans que l'on corrige la situation. C'est là une situation inacceptable.

Est-ce aussi normal que nos jeunes graduent du secondaire avec un niveau de français si piètre? Bien sûr que non, mais je n'irai pas plus loin sur ce sujet aujourd'hui!


Ne tenez pas des affiches sur Internet, de mauvaises personnes vont modifier ce qui y est écrit...
Michelle Obama en sait quelque chose...