Proverbe/citation
du jour
“L’opinion publique est un tyran.”-Proverbe français
Un
texte d’Alice Paquet publié par Le Devoir
Le Devoir publie aujourd’hui une lettre d’opinion d’Alice
Paquet « Elle
n’a pas l’air d’une fille qui s’est fait violer. »
En voici quelques extraits :
« J’ai en effet perdu le contrôle sur l’histoire, les
faits et leur interprétation : alors que j’avais été présentée
d’abord comme une fille confuse, puis comme une ex-prostituée,
tout était mis en œuvre pour éroder la force et la crédibilité
de ma parole. Ce qui me choque, c’est qu’on ait fouillé
dans ma vie privée pour y repérer des détails qui n’ont servi
qu’à détourner l’attention publique de l’agression dont j’ai
été victime et à camoufler l’enjeu principal — en l’occurrence
la banalisation et la minimisation systématiques des violences
sexuelles à l’endroit des femmes. »
J’en suis désolé, mais j’ai plutôt l’impression que par ses
actions, Alice Paquet érode elle-même sa propre crédibilité.
Pour ce qui est de sa « vie privée », la jeune dame ne
semble malheureusement pas comprendre que lorsque l’on devient une
personnalité publique, notre « vie privée » ne l’est
plus, du moins pas autant qu’auparavant.
Ensuite :
« Un article du Journal de Québec
indique effectivement que des « révélations
troublantes » à mon propos sont parues à la suite
des recherches d’un blogueur. On y apprend notamment que j’ai
déjà été escorte, comme si une telle information avait une
incidence sur le bris de consentement dont j’ai été victime, à
l’instar de tant de femmes. Cette intrusion dans ma vie privée ne
m’apparaît pas seulement comme du voyeurisme déplacé, mais
constitue bien le prolongement d’une longue tradition de
dénigrement des femmes qui osent parler de sujets tels que le viol
ou le harcèlement, en public comme en privé. »
Alice Paquet reconnaît avoir travaillé comme escorte, et ici encore
on ne peut même pas parler d’intrusion dans sa vie privée, car
elle a elle-même publiquement donné ces informations lors d’une
conférence au cégep F.X. Garneau. Mes recherches (car je suis le
blogueur auquel elle fait référence) sont uniquement basées sur
des informations qu’elle a diffusées de son plein gré.
J’ai indiqué clairement dans mon billet que le fait qu’Alice
Paquet ait peut-être rencontré Gerry Sklavounos à titre de
prostituée ne change rien au fait que s’il a abusé d’elle
contre son gré, il doit en subir les conséquences en justice.
Je ne banalise pas non plus la violence faite aux femmes (pas plus
que la violence exercée à l’endroit de quiconque, quel que soit
le sexe de la personne ou son orientation sexuelle). Je crois que
c’est aussi le cas de la large majorité des gens qui s’expriment
sur le sujet présentement au Québec, même si nous n’adhérons
pas tous à l’idéologie de femmes comme Alice Paquet.
Une question pour conclure : est-ce qu’Alice Paquet a écrit
ce texte elle-même? Je crois que non. Il s’agit plus selon moi de
l’oeuvre de personnes du mouvement dans lequel elle est impliquée.






