Proverbe/citation
du jour
« Un robot n'est pas tout à fait une machine. Un robot est une
machine fabriquée pour imiter de son mieux l'être humain. »-Isaac
Asimov
Les souverainistes outrés des propos dégradants à l'endroit de Jacques Parizeau se souviennent-ils de ceci?
Des souverainistes sont outrés par
des propos dégradants émis à l'endroit de Jacques Parizeau dans divers médias. Même si je n'ai moi-même que très peu d'estime, politiquement parlant, à l'endroit du défunt, je trouve qu'il y en a qui poussent trop loin, beaucoup trop loin. Un minimum de respect est de mise, mesdames et messieurs.
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| Jacques Parizeau |
Je me demande néanmoins si ces souverainistes choqués se souviennent de
ce que Pierre Falardeau a écrit, suite au décès de Claude Ryan, il y a de cela une décennie. Permettez-moi de vous rafraîchir la mémoire à ce sujet :
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| Pierre Falardeau |
Voilà enfin une bonne
chose de faite! Claude Ryan vient de mourir. Ne reste plus qu’à
l’embaumer et à fermer le couvercle. Avec sa belle
tête de sous-diacre empaillée et mangée par
les mites, il n’aura fait, en mourant, qu’officialiser
une situation de fait qui perdurait depuis longtemps.
Les journalistes de service,
qu’on a plutôt tendance à confondre avec des
amuseurs publics, racontent que Ryan avait sombré dans
le coma six jours avant de rendre l’âme. Ces chiens
de garde du pouvoir, qui se prennent parfois pour le quatrième
pouvoir, sont sûrement les seuls au Québec à
ne pas s’être aperçus que le pape du journalisme
était déjà dans un coma profond depuis au
moins quarante ans. Faut avoir soi-même un encéphalogramme
à plat pour participer à une telle campagne médiatique
de béatification. Faut pas craindre de se salir les mains
pour oser transformer en immense penseur ce politicien encore
plus ridicule dans la vraie vie que le meilleur de ses imitateurs.
À écouter le choeur
unanime des pleureuses professionnelles, on a l’impression
de nager en plein carnaval. Quoi? Un grand intellectuel ce préfet
de discipline de couvent, ce père-économe de communauté
de bonnes soeurs, ce petit aumônier des Dames de Sainte-Anne?
On se croirait à « Juste pour rire ». Faut
les voir pour le croire, ces spécialistes-maison de l’éloge
funèbre pompeux. Comme chez tous les mauvais comédiens,
leur voix étranglée par l’émotion sonne
faux quand ils nous parlent de la « rigueur intellectuelle
» et de « l’esprit de synthèse »
du petit frère-directeur du journal « Le Devoir
». Ils confondent rigueur et rigorisme, synthèse,
bricolage et liste d’épicerie. Faut les voir avec
leurs fausses gueules d’enterrement, empreintes d’une
tristesse étudiée, nous présenter ce petit
gérant d’estrade pontifiant sous les traits d’un
intellectuel incontournable. À grands coups d’enflures
verbales et de boursouflures stylistiques, ils nous le dépeignent
le plus sérieusement du monde comme un des plus brillants
penseurs du Québec. C’est vrai que dans ce milieu
journalistique où règne une majorité de
deux-de-pique et de sous-doués congénitaux, on
passe facilement pour un génie quand on peut aligner deux
idées, l’une à la suite de l’autre, dans
un style aussi ennuyant que le bottin de téléphone,
surtout si ce sont des idées reçues ou des idées
archi-convenues.
Non mais! Vous nous prenez pour
des caves ou quoi? Il n’y a pas une personne sur dix mille
au Québec capable de me citer une seule ligne de ce pape
du journalisme québécois. Si c’était
un génie, ça se serait su, non? Je lis «
Le Devoir » depuis quarante ans et je crois bien n’avoir
jamais lu un seul de ses éditoriaux au style fadasse qui
puaient l’eau bénite croupie et le canneçon-à-grands-manches
mal lavé.
Si « Le style c’est
l’homme » comme disait l’autre, seul un esprit
« drabe » pouvait oser écrire un livre «
beige », même un peu « grisâtre »
et pourquoi pas un peu « jaunasse ». Une «
grande synthèse » que ce ramassis de toutes les
patentes-à-gosses constitutionnelles mises au point par
les nationalistes mous et les fédéralistes fatigués
des cinquante dernières années. Fédéralisme
renouvelé. Fédéralisme rentable. Fédéralisme
coopératif. Fédéralisme asymétrique.
À une vitesse. À deux vitesses. À trois
vitesses. Automatique, power brake, power stering. Alouette.
Des projets morts nés recyclés l’année
suivante sous une nouvelle marque de commerce. Aujourd’hui,
on parle d’arrangements administratifs.
Et les spécialistes des
notices nécrologiques qui élèvent ce bêtisier
« brun » au rang de bible nationale. C’est vraiment
à s’ouvrir les veines avec une pelle à neige.
Un insignifiant traité de science-fiction politique qu’on
tente de faire passer pour une oeuvre majeure, pour la contribution
essentielle d’un grand cerveau. Ce grand cerveau sent le
formol à plein nez. C’est celui d’un nationaliste
d’Ancien Régime incapable de saisir l’ABC du
système néo-colonial canadien qui a remplacé
le vieux colonialisme britannique en 1867.
Claude Ryan aura passé
sa vie à vouloir simplement aménager le statut
de protectorat canadien qui est celui du Québec à
l’intérieur de la Confédération. Et
ces aménagements, même mineurs, même essentiellement
cosmétiques, le Canada les aura refusés, à
Claude Ryan et à ses disciples purs et durs, les uns après
les autres depuis cinquante ans. Niet. Niet. Niet. Le statu quo,
à prendre ou à laisser. Et plutôt que de
tirer les conclusions politiques d’un tel refus, Ryan se
sera accroché à son minable catalogue de voeux
pieux jusque dans sa tombe. Son testament politique, sans doute
écrit dans ses six jours de coma, en fait foi.
Finalement, le seul souvenir
que nous laissera Claude Ryan est celui du petit politicien,
mesquin et provincial, qui dirigea le camp du NON en 1980. Celui
d’un homme de main chargé de nous faire prendre notre
trou. Comme Stéphane Dion. On s’est servi de lui
et de son vernis d’intellectuel paroissial pour couvrir
les saloperies de Trudeau, de Chrétien, de Camil Samson
et du Conseil du Patronat. Et quand il a eu fini la sale job,
ce puissant cerveau, on s’est débarrassé de
lui et de son fédéralisme renouvelé comme
d’une vulgaire chaussette épiscopale. Exit le Bonhomme
Sept Heures. Au chômage, l’épouvantail à
moineaux. Comme Stéphane Dion. Des intellectuels tellement
brillants qu’ils sont incapables de comprendre le rôle
qu’on leur fait jouer. Désolant et minable.
Claude Ryan emporte dans son
cercueil sa pensée politique provincialiste et criminelle.
Son livre « brun » finira bien par pourrir lui aussi.
Ryan aura au moins réussi sa mort, coincé dans
les faits divers entre les scandales financiers du gouvernement
fédéral et le racisme ordinaire de ses «
partenaires » canadiens. Salut pourriture !
J'essaie de m'imaginer ce que diraient nos souverainistes outrés si des propos similaires étaient prononcés à l'endroit de Jacques Parizeau par quiconque n'adhérant pas à leur idéologie, tout comme j'essaie de me figurer la couverture qu'en feraient des médias comme Radio-Canada.
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| Claude Ryan |
Pour reprendre l'expression de mon défunt grand-père, les souverainistes ont "la peau fine" : ils tolèrent aisément qu'on fasse aux autres ce qui ne passe jamais si l'un des leurs doit subir un traitement similaire.
En guise de conclusion, voici un lien vers
un autre texte de Falardeau où il traite cette fois Trudeau de vieille pourriture.
Un
robot pour vous servir au Tim Horton local bientôt?
Traditionnellement, les robots occupaient des emplois liés à ce
qu'on appelle en anglais les « Three Ds », soit
« dangerous » (dangereux), « dirty » (sale)
et « dull » (« plate ») mais avec
l'augmentation de les capacités de l'intelligence artificielle,
certains spécialistes, comme Ray Kurzweil, de Google, croient que
celle-ci pourra égaler l'intelligence humaine dès 2029.
On peut déjà observer cette révolution dans certains restaurants
rapides, comme c'est le cas ici :
Il ne faudrait donc pas vous étonner si dans un avenir pas si
lointain un robot prend la commande pour votre café au Tim Horton
local, au Dixie Lee ou au Subway de Sainte-Anne-des-Monts ou
d'ailleurs!
Les diplômés en sciences molles qui se plaignent de leur emploi au
salaire minimum pourraient bien sous peu ne plus trouver d'emploi du
tout! L'aspect que je trouve malheureux dans tout ça est que d'autres employés de ces entreprises, qui ne chignent pas pour leur part, pourraient eux aussi se retrouver sans gagne-pain.
Imaginez maintenant l'impact que le phénomène aura à grande
échelle, et ce même dans des pays asiatiques où le « cheap
labour » qu'on avait au Québec a été déplacé. Les employés
à bas salaire de la Chine pourraient eux aussi se faire remplacer
par des robots.
Nous pouvons dire qu'il est possible de stopper le phénomène, or,
rappelez-vous qu'il y a eu une époque pas si lointaine où, quand la
voiture a remplacé le cheval, certains croyaient que la Terre
cesserait de tourner. La nouvelle technologie, au contraire, a permis
un développement jamais connu auparavant. La robotisation va
engendre un phénomène similaire, mais compte tenu de la rapidité
de ces changements, beaucoup parmi nous auront de la difficulté à
s'y adapter.