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lundi 5 septembre 2016

Le 5 septembre 2016

Proverbe/citation du jour
“Le destin ne cesse de nous rattraper.”-Anita Loos


R.I.P. Bob Bissonnette
J'ai appris comme vous tous en fin de journée dimanche le décès tragique de Bob Bissonnette, l'ancien joueur de hockey devenu chanteur et également coactionnaire des Capitales de Québec.

L'hélicoptère Bell 206 dans lequel Bob Bissonnette prenait place avec un autre passager, Michel Laplante, qui s'en est tiré quant à lui avec des blessures, et le pilote, Frédéric Decoste, qui est aussi décédé dans l'accident, s'est écrasé dans la rivière Restigouche à Flatlands, un petit village longeant la route 11 situé à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Campbellton, dans le Nord du Nouveau-Brunswick.

Le pilote Frédérick Décoste, le président des Capitales Michel Laplante, et Bob Bissonnette dans une photo tirée du compte Instagram de Bob Bissonnette



Il s'en est fallu de peu pour que je puisse voir de mes propres yeux l'écrasement. Les circonstances ont voulu que je sois dans ce secteur au moment du drame. Je venais tout juste de m'acheter un café dans un Tim Horton's situé près du Sugarloaf Mall, un centre d'achat d'Atholville, une ville voisine de Campbellton, quand le courant électrique a manqué.  Des paramédics qui venaient prendre un café ont reçu un appel et quitté en trombe, suite à un appel indiquant qu'un aéronef venait tout juste de s'écraser dans les parages. Ils ont été suivis quelques minutes plus tard par un camion de la GRC qui tirait une remorque sur laquelle reposait un "zodiac".

Je souhaitais retirer de l'argent dans un guichet automatique et faire le plein, mais la panne électrique m'a obligé à faire un détour par le pont Van Horne, qui mène à Pointe-à-la-Croix, et même du côté québécois, des véhicules faisaient la file aux pompes. J'ai donc roulé en direction de Matapédia, en scannant les ondes radios du secteur. Je n'avais malheureusement pas la liste des fréquences locales, mais j'ai pu trouver celle du service des incendies de Campbellton. Il était impossible de voir les lieux de l'écrasement du côté du Québec à cause de la végétation et des ilots présents dans la rivière Restigouche.   Après avoir fait le plein à Matapédia, je suis retourné au Nouveau-Brunswick via le pont du secteur.

Les curieux étaient nombreux à Flatlands. J'ai stationné mon véhicule à la sortie est du village et marché sur une distance de 500 mètres environ pour me rendre sur les lieux du drame. Des résidents de la localité ont mentionné le fait que l'hélicoptère volait à basse altitude peu avant le drame. Est-ce que la témérité du pilote est en cause? L'enquête du Bureau de la sécurité des transports nous le révélera peut-être.

Je ne disposais malheureusement pas en soirée d'un adapteur pour transférer les images que j'ai prises. Cela devrait être chose faite dans le courant de la journée de lundi.

L'hélicoptère s'est écrasé dans la rivière, à une dizaine de mètres du rivage. Seule une partie de la queue et une autre qui me semblait être la partie supérieure de la cabine étaient visibles. J'ignore si l'appareil a éprouvé des difficultés mécaniques qui ont entraîné sa chute, mais chose sûre et certaine, l'engin est entré en contact avec des fils électriques reliant le Nouveau-Brunswick au Québec. Un pylone du côté québécoise a été endommagé, et des représentants du service des incendies de la localité ont demandé aux curieux d'éviter d'entrer en contact avec les rails de la voie ferrée, advenant le cas où le courant électrique aurait été transféré dans celles-ci.

Divers services de la sécurité publique étaient sur place. Outre la GRC et les pompiers, des policiers de la police autochtone de Restigouche ont aussi répondu à l'appel. Des ambulanciers du Québec ont même été demandés en renforts. Il est facile de les reconnaître, car contrairement à celles de la province située au Nord, les ambulances du Nouveau-Brunswick sont blanches.

Il est possible que l'appareil ait lancé un appel de détresse avant son écrasement, car un avion militaire de recherche et sauvetage de faisait des cercles dans le ciel. Les militaires ont lancé des banderoles colorées qui sont tombées dans la rivière. Je suppose que c'est un moyen pour pointer les liens d'un écrasement.

Vu le périmètre de sécurité établi par les forces de l'ordre, il m'a été impossible d'obtenir plus de détails. L'appareil étant presque complètement submergé, il était donc impossible d'y lire l'identification pour en déterminer la provenance.

Un de mes contacts Facebook, Yannick Marquis, m'a appris que le pilote décédé dans l'écrasement, Frédérick Decoste, est originaire de Sept-Iles, et que le père de ce dernier, également pilote, est décédé lui aussi dans un écrasement passé.

Nous en apprendrons certainement plus sur cette triste histoire sous peu.


Des images des lieux de la tragédie
Voici des images des lieux de la tragédie prises une heure à peine après l'écrasement. Demain, nous publierons des photos prises lundi.

L'épave de l'hélicoptère est en grande partie sous l'eau. On peut voir la ligne électrique endommagée en arrière-plan.

Une vue plus rapprochée.

Une photo prise à partir de la voie ferrée. Les curieux sont nombreux. On voit l'avion de recherche et de sauvetage en approche.

L'avion de recherche et de sauvetage effectue une passe. Il y a eu largage de rubans de signalisation par la suite.

Une autre vue de l'épave.

Une vue rapprochée de l'épave.

Une photo prise à partir de la route qui nous permet de voir les dégâts de la ligne électrique.



mercredi 30 mars 2016

Le 30 mars 2016

Proverbe/citation du jour
« Seulement ceux qui prennent le risque d'aller trop loin découvriront jusqu'où on peut aller. »-T.S. Elliot


Jean Lapierre et le goût du risque
Nous sommes tous frappés de stupeur, suite à l'annonce hier midi du décès du chroniqueur politique Jean Lapierre, dans un tragique accident d'avion, aux Îles-de-la-Madeleine. Comme vous, je suis attristé de la disparition soudaine de cette personnalité médiatique qui était appréciée de tous. L'onde de choc se répand dans le monde entier, même le Daily Mail britannique relate la nouvelle.

Les lieux de l'écrasement - Jean Lapierre - Nicole Beaulieu (Source : Daily Mail)


L'aéronef dans lequel prenait place l'ex-politicien transportait aussi sa femme, deux de ses frères, une sœur et deux membres d'équipage. Les passagers se rendaient dans l'archipel pour les funéraille du père de Jean Lapierre. Maintenant, sa famille doit en tenir pour cinq membres supplémentaires. C'est une tragédie horrible.

À ce que je sache, Jean Lapierre n'avait pas d'ennemi. À titre de commentateur politique, il a toujours donné son opinion de manière pertinente. Notez aussi qu'il gardait un côté humain. Par exemple, si une annonce de fermeture d'une industrie frappait une région, il s'attardait toujours à l'impact social sur les travailleurs et leurs familles avant d'aborder l'aspect économique. Il est aussi à noter que parce qu'il était originaire d'un archipel isolé, il était conscient de la réalité des gens des régions éloignés bien plus que plusieurs autres élus ou représentants des médias.

Jean Lapierre avait aussi le goût du risque, c'est un aspect de sa vie auquel personne ne s'est attardé jusqu'ici. Rappelez-vous quand il a claqué la porte du Parti libéral du Canada pour se lancer à l'aventure avec le Bloc québécois. Il aurait très bien pu profiter de ses contacts politiques pour se dénicher un poste de fonctionnaire bien payé où il aurait été à l'abri, mais il a préféré se lancer dans une carrière médiatique, sachant très bien que cela implique en terme de sécurité d'emploi. 

Le dernier message Twitter de Jean Lapierre
C'est peut-être ce même goût du risque qui a provoqué son décès et celui de ses proches, hier, dans un écrasement d'avion. L'appareil impliqué effectuait un vol nolisé et a probablement été loué par Jean Lapierre ou des membres de sa famille pour que tous ces gens puissent se rendre aux funérailles du père de l'ex-politicien, Raymond C. Lapierre.

Des vents forts soufflaient sur ses Îles-de-la-Madeleine natales et la visibilité était mauvaise. D'autres compagnies aériennes ont annulé leurs vols ce même jour. Nous disposons encore de peu de détails sur la compagnie aérienne impliquée, sinon qu'il s'agit d'abord d'une compagnie procédant à l'entretien d'aéronefs, qui aurait récemment acquis l'appareil qui s'est écrasé, un Mitsubishi Modèle MU-2B-60. L'enquête du Bureau de la sécurité dans les transports nous en apprendra plus sur le sujet dans les mois à venir. Une équipe d'enquête est déjà sur place.

Une chose est sûre désormais : son absence du paysage médiatique nous touche tous et toutes.