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samedi 12 mars 2022

Le 9 mars 2022

Un politicien en exercice n'a pas sa place dans une école fréquentée par des mineurs

Par le biais des médias, j’ai appris que le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé,  travaille à titre de suppléant à l’école secondaire de Matane durant trois jours, cette semaine. 

Source

Selon moi, un politicien actif, même s’il est diplômé en éducation et détenteur d’un permis d’enseigner valide, n'a pas sa place dans un établissement scolaire où des jeunes qui ne sont pas en âge de voter se trouvent, peu importe le parti qu’il représente. La législation québécoise devrait prendre un tel fait en considération et interdire de telles actions. Cela devrait être inscrit dans le code d’éthique des garderies, de même que celui des écoles primaires et secondaire. Pour ce qui est des établissements d’enseignement supérieur, la situation est différente, parce que les jeunes qui les fréquentent sont en âge de voter.

En travaillant comme suppléant à l'école secondaire de Matane, Pascal Bérubé n'a procédé à rien d'autre qu'à une vaste opération médiatique dans le but de mousser sa popularité, en prévision de la campagne électorale qui va se dérouler à l'automne, et il l’a fait aux dépens des élèves et du personnel de l'école.

Que dire aussi du fait que c'est un endoctrinement voilé de jeunes qui ne sont pas encore en âge de voter, même si le principal intéressé dans l’affaire le niera toujours?

Les personnes en charge de l'établissement ont-elles agi de manière responsable en laissant un politicien accompagné de journalistes équipés de micros et de caméras pénétrer dans leur école et agir comme il l'a fait? Malheureusement, j'en doute.

Ces gens ont probablement posé un geste de bonne foi, mais ne sont peut-être pas conscients des motifs réels qui animent l’élu. Si Pascal Bérubé avait pour but d’aider le monde éducatif, il n’en aurait pas fait un événement médiatique comme cela a été le cas.

Bien des citoyens qui félicitent Pascal Bérubé pour ses trois jours de suppléance, et son intention de verser son salaire reçu en échange, ne se rendent pas non plus compte que le député a ainsi réalisé une vaste opération de charme et que c'était le but principal, pour ne pas dire unique, qu'il visait, en travaillant comme suppléant. La valeur de la couverture médiatique qu’il en tire équivaut à des milliers de dollars de publicité électorale.

Chose sûre, cette histoire risque d'être entendue à nouveau au cours de la campagne à venir, à l'automne, et si un débat électoral en découle, la direction et le personnel de l'écoles pourraient se trouver sous les projecteurs bien malgré eux.

mardi 13 mars 2012

Sujet du 13 mars 2012

Proverbe/citation du jour

«Le savant n'est pas l'homme qui fournit les vraies réponses; c'est celui qui pose les vraies questions.» -Lévi-Strauss (Claude)

Photo de l'agence QMI

Un politicien en exercice n'a pas sa place dans une garderie ou dans une école primaire ou secondaire

En lisant le fil Twitter du député de Matane, Pascal Bérubé, je constate qu'il a rencontré aujour'hui des élèves de secondaire III de l'école Gabriel-Le Courtois à Sainte-Anne-des-Monts.

Ce n'est pas la première fois que ce député rencontre des jeunes de notre région. Il l'a fait dans le passé à plusieurs reprises, notamment dans le cadre d'élections scolaires à l'école L'Escabelle de Cap-Chat et à l'école de l'Anse à Sainte-Anne-des-Monts à au moins deux reprises, notamment en octobre 2008, en lien avec les activités du Club des petits déjeuners de l'établissement. On peut consulter un article sur le sujet en page 5 de l'édition du journal Le Riverain du 8 octobre 2008 :

http://virtuel.leriverain.canoe.ca/doc/hebdo_le-riverain/Riverain_20081008eOPT/2008100801/5.html#4

Également, en juin 2011, le député de Matane a rencontré des jeunes de la même école afin de remettre une copie d'une médaille de l'Assemblée nationale à un jeune de la région qui a été gravement brûlé dans un incendie. Un vidéo sur le sujet est encore disponible au moment où j'écris ces lignes :

http://www.youtube.com/watch?v=6StZW0bHcpg

Que ce soit le député de Matane, ou un quelconque élu de n'importe lequel parti, autant au niveau provincial qu'au niveau fédéral, il est de mon humble avis qu'un politicien en exercice n'a pas sa place dans une garderie ou dans une école primaire ou secondaire, c'est aussi simple que cela. Ces enfants n'ont pas droit de vote et ne sont pas encore en mesure de comprendre la politique et tout ce qu'elle implique. Donc, on n'a pas à les exposer à cela.

On aura beau dire que le tout se fait dans le cadre d'activités scolaires faisant par exemple la promotion de la vie citoyenne, de la démocratie ou une quelconque autre raison, et que les personnalités politiques ne font pas la promotion de leur idéologie ou de leur parti, mais qu'importe... On interdit aux entreprises de faire de la publicité ou de commanditer des activités en milieu scolaire, alors pourquoi devrions nous tolérer que des politiciens puissent être présents dans nos écoles primaires et secondaires? Il est clair que cela peut avoir un impact sur leur image au sein de la population et que cela peut influencer des adultes à voter pour un politicien «près des gens petits et grands ». Ne croyez-vous pas que le politicien qui rencontre un jeune du primaire ou du secondaire peut ainsi amener, même si cela se produit de manière indirecte, ce jeune qui n'est même pas encore en âge de voter à supporter une idéologie politique spécifique plus tard dans sa vie, soit celle de l'élu rencontré dans son enfance?

Au niveau collégial ou universitaire, ce n'est pas la même chose : nous avons affaire à des adultes disposant du droit de vote alors c'est différent, mais encore, les associations étudiantes ou les établissements n'ont pas à organiser de rencontres du genre. Je pense que celles-ci ont leur place lorsqu'elles sont organisées par des comités étudiants indépendants se rattachant à un parti donné.

Nous pouvons nous demander ce qu'en disent les autorités responsables de telles activités en milieu scolaire. On informe les parents à l'avance et on leur demande de signer des autorisations lors d'un concert ou d'une sortie scolaire. Procède-t-on de la même manière lorsqu'un politicien en exercice se présente dans un établissement scolaire primaire ou secondaire?

Je serais bien content que nos législateurs interdisent carrément la présence de politiciens dans nos écoles, pas vous?