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jeudi 11 janvier 2018

Le 8 janvier 2018

Proverbe/citation du jour
“Rien n'est plus vivant qu'un souvenir.”-Federico Garcia Lorca



Souvenirs précieux
Durant le récent Temps des Fêtes, j’ai reçu par courriel des images qui ont ravivé des souvenirs d’enfance, et plein d’autres d’événements qui ont suivi. Je les partage avec vous aujourd’hui.


Votre humble blogueur encore enfant avec Madeleine "Mado" Lepage


Ces photos ont été prises en mars 1975. Votre humble blogueur avait alors quatre ans.


P.A. Beaulieu et Mado Lepage. Observez la cloche que je tiens. Des détails à son sujet vont suivre.

Libre à vous de me croire ou non, mais je me souviens de cette journée où mes parents m’ont confié à Madeleine « Mado » Lepage, une cousine de ma mère Agathe, et à son mari, George Naassana.

Je me souviens clairement du moment de la prise de la photo où je suis couché sur un « mur de coussins » dans le salon. George les a prise avec un appareil Pentax 35mm reflex. La photographie était un de ses loisirs et il était également chargé par son employeur, les Mines Madeleine, de prendre des photos lors de diverses activités de la compagnie.


Je me souviens de la prise de cette photo.


Mado a grandi dans une maison située à quelques pas de celle de mes grands-parents, Florentine Thibault et Paul Lepage, à Causapscal. Le père de Mado, Joseph Élie, était le frère de mon grand-père Paul, et était marié à Fernande Beaupré.



On croise dans nos vies des gens avec qui ont aimeraient avoir davantage la chance de partager, mais les circonstances font en sorte qu’on ne peut en profiter au maximum.

George Naassana est un parfait exemple d’un immigrant qui est venu au Canada et qui a aidé à bâtir une société meilleure. Il est né au Caire, en Égypte, en 1940. Sa famille est d’origine syrienne, de la région d’Alep, un zone connue de nos jours pour ce qui s’est récemment passé, en lien avec l’État islamique, qui a malheureusement détruit ce pays historique et des trésors comme Palmyre. Les Naassana ont d'abord fait partie de la minorité chrétienne en Syrie, puis en Égypte. Beaucoup de gens ignorent malheureusement que des communautés chrétiennes existent dans cette partie du monde, même que dans un passé lointain, avant la conquête par l'Islam, la majorité était chrétienne.

George est géologue de formation. Il a étudié en Europe, et il est venu ensuite vivre au Canada. Il a notamment travaillé aux Mines Madeleine, en Gaspésie. C’est alors qu’il a connu mon père, à Sainte-Anne-des-Monts. Je dis toujours que mon « vieux », Roger Beaulieu, est plus « bocké » que moi, mais son expérience de travail durant des années dans le commerce au détail, avec notamment des Juifs de Montréal, comme le propriétaire de People’s d’alors, Saul Shapiro, lui ont ouvert l’esprit, et cela a eu un impact sur votre humble blogueur.


Votre humble blogueur avait encore à ce moment ses dents de lait!

Au moment de la prise de ces images, George et Mado habitaient l'appartement numéro 3 du 105, rue des Buissons, à Sainte-Anne-des-Monts. Ils n’avait pas encore eu leur fils Maxime, qui est né en 1976. Cela me permet d’ailleurs de situer l’époque des photos.

Voici quelques souvenirs que j’ai relativement à George et à sa femme. Ceux-ci ne sont pas nécessairement placés dans un parfait ordre chronologique :

  • Le jour de la prise des images qu’on peut voir dans ce billet. À ma connaissance, rares ont été les occasions où mes parents m’ont confié à d’autres. C’est là un signe que Mado et George était déjà à ce moment des gens de confiance.
  • Je me souviens quand George nous a lu, sur la galerie de la maison de mes grands-parents Lepage, quelque part au milieu des années 1970, à mes deux cousines, Anick et Karine Archambault, de même que ma sœur et moi, une version arabe d’un conte. Je crois qu’il s’agit du « Vilain petit canard ». De mémoire, je crois qu’il s’agit de la première fois que j’ai été exposé à une langue étrangère.
  • Il y a eu une fermeture des Mines Madeleine au cours des années 1970, mais à leur réouverture, George et Mado sont revenus à Sainte-Anne-des-Mont, et ils ont alors habité une maison de l’Anse de SADM où mes parents, ma sœur et moi avons habité de 1977 à 1979, sur la 13e rue Ouest. On parlait d’une « maison de la mine », comme celle que mon oncle, ma tante, et mes cousines Archambault ont habité, à la Place des Vents, à la même époque. Eux aussi ont dû quitter pour laisser la place à des employés de la mine, lors de la réouverture.
  • En 1982 environ, George est venu en randonnée avec votre humble blogueur, la sœur de celui-ci et quelques autres enfants, pour monter sur la montagne située près de la 11e rue Ouest, près de ce qu’on appelait « Côte à Desrosiers ». Il faudrait d’ailleurs que j’y retourne un jour pour prendre quelques images de SADM, parce que je n’y suis jamais retourné depuis.
  • En août 1987, nous avons croisé George, Mado, et leur fils Maxime, lors de la retraite du CN de Joseph Élie, le père de Mado.
  • Plus tard, en septembre 1987, quand je suis entré au Séminaire Saint-Augustin, George nous a accueillis, ma cousine Anick et moi, dans sa maison de Sainte-Foy, et nous a alors aussi payé une pizza d’une succursale de la pizzeria d’Youville ». Je lui avais à ce moment donné en cadeau un livre de méthodologie du Séminaire Saint-Augustin, parce que George a toujours été soucieux dans la présentation de ses rapports à ses employeur. Il travaillait à ce moment pour le gouvernement du Québec. Il m’a alors parlé d’un excellent livre, d’un dénommé Khalil Gibran, intitulé « Le prophète », que je n’ai lu qu’au milieu des années 1990, après avoir acheté une copie. C’est alors que j’ai compris la force de ce bouquin.
  • Le souvenir suivant date de novembre 1989, quand mon oncle Alain Archambault est décédé. George était sur la route, pour son travail, mais parce qu’il passait dans la Matapédia, il est venu nous offrir ses sympathies. Je me souviens encore clairement quand il est entré dans la maison, sur le boulevard Saint-Jacques Sud, à Causapscal, et qu’il nous a dit à tous : « Je voulais venir vous voir pour nous dire que nous aussi nous avons beaucoup de peine. » Il avait la voix nouée par l’émotion en le disant. Je peux même vous dire que j’ai vu du coin de l’oeil mon grand-père Paul qui avait comme nous tous de la difficulté à retenir ses larmes.
  • Je suis passé chez George et Mado avec ma mère, à la fin de ma formation collégiale, en 1989-1990, quand ils nous ont invité à souper, ma mère et moi. J’avais alors fourni une cassette de vieilles chansons, et quand George a entendu « Black Magic Woman » de Santana, il a dit à quel point il aimait cette chanson.
  • George et Mado étaient présents, pour un souper, à la maison familiale, quand ma chienne st-bernard Trina est morte, après avoir été arrosée par une mouffette, directement dans la gueule, en juillet 1993. Je me souviens que George m’a ensuite appelé pour savoir si tout allait. George avait une chienne boxer, Cléo, qui aimait pousser des balles de tennis en bas de l’escalier de sa maison de Sainte-Foy. Celle-ci est décédée quelques années plus tard, en 1998.
  • George m’a fait connaître quelques livres, en m’en faisait même parvenir quelques-uns depuis mon retour à SADM, en 2007, notamment « L’ami retrouvé ».
  • Mado est décédée à Québec, le 13 septembre 2017. J’ai revu George et Maxime, le fils du couple, lors de son service funèbre, le 23 septembre 2017, à Causapscal.
  • Depuis quelques temps, George me fait parvenir des photos anciennes, numérisées récemment, de la famille Lepage. Je compte vous les présenter bientôt via mes comptes situés dans des médias sociaux.

Voilà. J’ai pu oublier des petits bouts, mais l’histoire globale est là.

Merci à toi, George, et à ta femme Mado. Vous avez été aussi loin que je me souvienne un plus dans ma vie, et je crois que cela ne s’applique pas qu’à moi.


George Naassana, Mado Lepage et votre humble blogueur. La photo a été prise en mode automatique, avec une minuterie. Notez que Mado tient une cloche. Celle-ci a été acquise par George en Belgique, et a été fabriquée à la main par un forgeron. George la possède encore à ce jour.


J’espère avoir moi aussi contribué à faire de la vôtre une expérience meilleure!

Mise à jour (le 14 janvier 2018)
Grâce à des informations fournies par George, ce soir, quelques ajouts et des modifications sont effectués, notamment en ce qui a trait à la cloche qui apparaît sur des images.

Le 105 des Buissons est de nos jours un immeuble dont je suis le gérant. J'ajoute donc une photo des lieux, prise en 2016. Elle n'est malheureusement pas très bonne.  L'appartement 3 est situé en haut, à droite, sur l'image.











mercredi 29 juin 2016

Le 29 juin 2016


Proverbe/citation du jour
“Devenir ou ne pas devenir... De peur d'être?”-Deborah Ruffato


Des oublis majeurs dans le court métrage « Du souvenir au devenir »
Un court métrage de Sarah L'Italien, «Du souvenir au devenir», est maintenant disponible via Youtube :


Dans ce documentaire, basé sur une idée originale de Monique Campion, on peut voir des extraits inédits de films anciens réalisés par monsieur Charles Faucon durant les années 1950, à Sainte-Anne-des-Monts.

Ce film est fort intéressant, car il nous permet de revoir des bâtisseurs de notre région, notamment Claude Jourdain, Benoît Jean et aussi Camille Michaud. Y est aussi présent le docteur Gaétan Lemire, que j'ai immédiatement reconnu, car j'ai subi deux opérations de ses mains, une pour une crise d'appendicite, en 1978, et une autre pour mes amygdales, en 1979. En effectuant une courte recherche pour savoir ce qu'il est advenu du docteur Lemire et j'ai découvert qu'il est décédé en 2005.

S'il est vrai que des mouvements coopératifs ont permis à notre région de se développer, comme on le mentionne dans la narration, je crois noter deux oublis majeurs à propos d'événements qui ont eu, à mon avis du moins, un impact fort important dans le développement économique de Sainte-Anne-des-Monts.

Le premier oubli est celui de l'ouverture du magasin People's, sur la 1re Avenue Ouest, à Sainte-Anne-des-Monts, au tournant des années 1950 et 1960. À cette époque, la compagnie de magasins à rayons souhaitait s'établir à Cap-Chat, mais s'est heurtée à l'opposition de marchands locaux, ce qui a finalement mené à l'ouverture d'une succursale dans le village voisin. J'aimerais bien retrouver un extrait du journal La Voix gaspésienne de l'époque que j'ai lu, il y a de cela plusieurs années, où il en était fait mention.

En quoi peut-on estimer que l'ouverture du People's a été un point tournant au niveau économique? Cela s'explique par le fait que ce magasin a orienté le trafic commercial en direction de Sainte-Anne-des-Monts, un village qui, à l'époque, plus petit que Cap-Chat et même le village situé plus à l'Est, Saint-Joachim-des-deux-Tourelles, si ma mémoire ne manque pas. Ce phénomène explique peut-être même pourquoi divers services gouvernementaux se sont développés par la suite à Sainte-Anne-des-Monts, que ce soit la polyvalente locale ou bien l'hôpital. D'ailleurs, parlant de la polyvalente, j'ai eu vent qu'à l'origine, celle-ci devait compter un niveau plancher et deux étages, mais le deuxième étage aurait été « déplacé » vers Cap-Chat, à cause de la grogne populaire. Que l'on me corrige si je fais erreur.

L'autre oubli du documentaire, plus grand encore, est celui de l'ouverture des Mines Madeleine, à la fin des années 1960. Le gisement a été découvert en 1964 et, après une pause durant les années 1970, l'exploitation a repris jusqu'à la fermeture définitive, en 1982. C'est surtout grâce à ce boum économique minier que Sainte-Anne-des-Monts est devenu la ville la plus importante du Nord de la Gaspésie. 

Sans les Mines Madeleine, jamais notre ville ne se serait développée autant sur le plan social et économique. Il suffit de jaser avec des personnes plus âgées qui ont connu l'effervescence de cette époque pour mieux comprendre. Les bars du coin roulaient même en plein milieu de la semaine alors. Il ne faut pas oublier la mine de cuivre de Murdochville, également, dont l'impact se faisait aussi sentir chez nous. Cette mine a quant à elle été en opérations de 1955 à 1999, ce qui n'est pas rien, d'autant plus qu'on prévoyait à son ouverture qu'elle serait productive durant tout au plus quatre ou cinq ans.

Oui, le mouvement coopératif a eu une influence positive sur notre milieu, mais sans la présence de compagnies privées de plus grande importance et de bureaux gouvernementaux, Sainte-Anne-des-Monts ressemblerait bien plus à Marsoui ou Mont-Louis qu'autre chose de nos jours. On ne mentionne rien de cela dans le documentaire et je trouve le tout dommage.

Les coopératives c'est bien beau, et oui, dans le contexte actuel, leur renaissance est souhaitable, mais il ne faut pas non plus oublier le fait que sans industries de plus grande importance, notre milieu n'évoluera pas, et ce ne seront certainement pas les totems en bois flotté qu'on plante un peu partout qui vont amener de l'argent chez nous.

Je souligne une fois de plus ce qui est à mon avis la pire connerie économique et sociale qui a frappé notre région au cours des 50 dernières années : le démantèlement du secteur professionnel à l'école polyvalente locale, au milieu des années 1980. Nous remontons tranquillement la pente grâce à l'implantation de programmes comme celui des monteurs de ligne et un autre en plomberie et chauffage, mais il ne faut pas s'arrêter là.

Rien ne dit qu'un jour les mines n'ouvriront pas à nouveau, et le sous-sol contient aussi du pétrole et d'autres richesses. Cela aussi, il ne faut pas l'oublier.

Je tiens à conclure en notant l'excellent travail de la cinéaste Sarah L'Italien et des autres personnes impliquées dans le projet. Mis à part ce que je considère ces deux "oublis", le documentaire est fort intéressant.