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jeudi 5 février 2015

Sujets du 5 février 2015

Proverbe/citation du jour
«L'initiative est chose individuelle.»-Marcelin Berthelot


Fierté gaspésienne? 47,9% des revenus des Gaspésiens proviennent de chèques gouvernementaux!
Un lecteur de ce blog m'a fait parvenir hier un lien menant vers le site Antagoniste.net. Il s'agit d'un billet portant sur « l'occupation du territoire », qui est si chère aux Québécois.

En se basant sur des statistiques gouvernementales, Antagoniste présente un « rapport de dépendance économique » (RDÉ) des neuf autres provinces canadiennes et des 17 régions administratives du Québec.

Le RDÉ représente, pour une région donnée, le pourcentage des revenus totaux qui viennent d’un chèque du gouvernement (chômage, assistance sociale, Prestations fiscales pour enfants, crédits pour TPS/TVQ, etc.).

Attachez vos tuques avec de la broche!


Dans la province de Québec, 22,3% des revenus de la population viennent d’un chèque du gouvernement. C’est largement au-dessus de la moyenne canadienne qui se trouve à 17,1%.

La Gaspésie est la pire région du Québec.  Dans cette région, presque 50% des revenus de la population vient d’un chèque du gouvernement.  À titre indicatif l’Île-du-Prince-Édouard est la pire province canadienne avec un score de 27,2%.

Le Bas-Saint-Laurent pour sa part s'en tire à un taux de 33,4%, ce qui n'est pas très reluisant non plus, et toujours au-dessus de la moyenne canadienne.

Une seule région du Québec, l'Outaouais, est en bas de la moyenne canadienne, 17,1%, et encore, c'est par la peau des dents (17,0%).

Ici encore, je pose la question : « En quoi la Gaspésie mérite-t-elle d'être sauvée? »

Nul besoin de préciser que je me fais accuser de « traîtrise à ma région », que je ne suis pas un « vrai Gaspésien » et que lorsque j'aborde ce sujet, je le fais toujours en sachant dès le départ que je me bats à dix contre un. Peu importe ce que les gens en pensent, cette question mérite sérieusement d'être posée et elle mérite encore plus sérieusement aussi une réponse, pas une réponse émotive, mais une réponse logique, pragmatique, même si celle-ci va déplaire à plusieurs.

Si vous vous imaginez que je crois que l'on doit fermer la Gaspésie, vous vous trompez. Je crois que la Gaspésie peut s'en tirer, très bien même, à condition qu'un sérieux coup de barre soit donné , il est clair que nous ne pourrons pas continuer longtemps encore à vivre un cycle de « quatre mois de travail-huit mois de chômage ». Des pistes de solutions? Je répète ici bas celles que je mentionne le plus souvent, en en ajoutant d'autres :

  • Nous devons stimuler la formation professionnelle pour avoir une population qualifiée et surtout bilingue, ce qui sera utilie autant au niveau touristique que pour d'autres industries
  • Nous devons favoriser l'immigration, en invitant ici des étrangers qualifiés et « travaillants »
  • Des villages non-viables doivent être fermés et leur population déplacée pour réduire les dépenses gouvernementales
  • Notre population en âge de travailler doit… travailler, quitte à le faire à l'extérieur de la région et à avoir une famille ici, comme les travailleurs qui vont au Nord
  • L'entrepreneuriat doit être stimulé, nous devons mettre un terme à notre dépendance à des industries subventionnées comme les éoliennes
  • Nous devons avoir l'esprit ouvert au développement pétrolier, gazier et minier.

Nous ne sommes pas pires que n'importe laquelle autre région du pays : les technologies actuelles nous permettent d'avoir en région des centres d'appels, ceux de la RQAP à Sainte-Anne-des-Monts et celui de la SAAQ à Murdochville en sont de bons exemples.

Dites-vous que les pires ennemis de notre région ne sont pas le Conseil du patronat ou les gouvernements. Nos pires ennemis, ce sont ceux parmi nous, ici, en Gaspésie, qui aiment vivre aux dépens des autres via des subventions et qui ont intérêt à ce que notre pauvreté se perpétue pour assurer leur propre position, plus enviable que celle de la majorité de la populace.

Ce ne sont certainement pas les « joueux de tam-tams » qui disent qu'un dollar en culture en rapporte 11 en retombées ou les spécialistes du lancement d'entreprises subventionnées, les verdoyants qui veulent nous imposer leur mode de vie ou les souverainistes convaincus que l'indépendance est la solution à tous nos maux qui vont sauver la Gaspésie.

dimanche 1 février 2015

Sujets du 1er février 2015

Proverbe/citation du jour
«Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure.»-Otto Rank


Que ça nous plaise ou non, le Conseil du patronat a raison
Tollé de protestations dans l'Est-du-Québec! Le Conseil du patronat, par la voix de Yves Thomas Dorval, a déclaré ce qui suit, jeudi dernier durant une commission parlementaire :


« Lorsqu'on a tout fait et exploré et qu'on doit regarder ce qui nous reste entre les mains, est-ce qu'on doit continuer à faire survivre des endroits par des subsides pour lesquels il n'y a aucune possibilité de développement économique, au terme d'un processus où on a tout tenté? »


Les réactions négatives à l'endroit du Conseil du patronat sont nombreuses dans l'Est-du-Québec, à commencer par celles de citoyens de Grosses-Roches, incluant son maire, André Morin.

Il existe 152 municipalités jugées dévitalisées par le gouvernement du Québec. Plusieurs d'entre elles sont sur la Côte-Nord, tandis qu'on en retrouve 70 au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. 

Une maison abandonné dans le parc Forillon (source)

La logique du cœur parle, mais il y a aussi la logique économique : combien en coûte-t-il pour maintenir en vie ces villages qui sont sur le respirateur artificiel, pour ne pas dire en phase terminale?

Quel type de personne, selon vous, est le plus enclin à décrier la déclaration du Conseil du patronat? Je vois pour ma part des artistes, des politiciens qui veulent acheter des votes et garder leur poste, des fonctionnaires et des retraités ou des chômeurs ou assistés sociaux, somme toutes, des personnes dont la subsistance dépend en tout ou en grande partie de subsides de l'État.

Que ça nous plaise ou non, le Conseil du patronat a raison. Même si ses suggestions ne seront fort probablement pas mises en application, par la force des choses, dans un avenir qui vient bien plus vite que vous ne pouvez le penser, des villages vont être fermés « naturellement » s'ils ne le sont pas officiellement.

À ceux et celles qui sont tentés de croire que je supporte la fermeture de la Gaspésie, je dis : « Vous êtes dans le champ! »

Je crois à l'avenir de la Gaspésie, oui, mais certainement pas en perpétuant le cycle de dépendance dans laquelle celle-ci tourne depuis des décennies. Concentrer les efforts là où il y a encore des possibilités est un début. Nous avons aussi besoin de citoyens qualifiés, formés dans des domaines en demande, tout comme nous avons besoin de sang neuf et d'idées nouvelles, ce qui me porte à croire que nous avons intérêt à accueillir plus d'immigrants pour changer la dynamique régionale, or, sommes-nous assez ouverts d'esprit pour cela?