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dimanche 11 novembre 2012

Sujets du 11 novembre 2012

Proverbe/citation du jour
"Avec de l'argent, on fait parler les morts ; sans argent, on ne peut pas faire taire les muets." -Anonyme


En ce jour du souvenir
En ce 11 novembre, jour du Souvenir, souvenons-nous non seulement des gens qui se sont battus et qui sont aussi morts dans les guerres du passé, mais qui le font dans les guerres présentes, notamment en Afghanistan.

Je reprends ici un texte que j'ai trouvé durant l'après-midi sur la page Facebook de Laurent Proulx. Il s'agit de paroles prononcées par un homme qui a sauté en parachute en France en 1944  :

« Tu sais mon gars, ne t'en fais pas trop avec ce que les gens disent. Avant que l'on parte pour l'Europe, les gens disaient la même chose qu'ils vous disent à vous pour l'Afghanistan. Que c'est pas notre guerre, qu'on a pas d'affaire là etc. Imagine toi si on y était pas allé... L'histoire saura vous rendre justice comme elle nous a rendu justice... »



Liberté d'expression au Québec
Je souhaite aujourd'hui vous faire part de mes impressions personnelles relativement à la liberté d'expression au Québec, en lien avec un événement marquant de ma vie personnelle qui a eu lieu il y a précisément un an.

Le 11 novembre 2011, je perdais mon emploi d'animateur radiophonique du matin à la station de radio FM 100,3 à Sainte-Anne-des-Monts. Je ne suis pas superstitieux mais j'ai l'impression que le chiffre 11 me porte malheur, car j'ai perdu mon emploi suite à un appel de mon patron que j'ai reçu à 11h, le 11e jour sur 11e mois de l'année 2011!!!

Perdre son emploi est une situation difficile, et ce l'est plus encore lorsqu'on se fait indiquer la porte cavalièrement. Je ne vous cacherai pas qu'en plus, lorsque l'on occupe un poste qui fait en sorte que nous sommes connus du grand public, c'est encore plus difficile, humiliant même, d'autant plus que j'habite une petite ville où tout le monde se connaît. Je suis heureux que justice ait été rendue, je ne garde aucune rancune envers qui que ce soit et je considère que tout cela est du passé, préférant me tourner vers l'avenir, en espérant finir par me trouver un autre micro. Par contre, cela impliquerait un départ de la Haute-Gaspésie, car les emplois en animation radiophonique sont rares dans mon coin de pays!

Je suppose que si les médias avaient couvert la nouvelle concernant la décision de l'arbitre Jean-Paul Boily, qui a conclu que j'ai été injustement congédié, avait paru un autre jour que le 4 septembre 2012, qui était une journée d'élections, on en aurait probablement entendu parler beaucoup plus. N'empêche que le Journal de Québec en a fait mention, tout comme Radio-Canada, et que j'ai réalisé quatre entrevues sur le sujet durant cette journée, une sur les ondes d'une radio de Montréal, deux dans la région de Québec et une autre au Saguenay. Curieusement, mis à part un article sur le site Web du journal local, je n'ai pas connaissance que la nouvelle a été publiée ailleurs et n'a pas figuré dans la version imprimée de l'hebdomadaire local.

Jean-Paul Boily a été clair dans sa décision, on peut y lire que n'eut été des pressions et des menaces de poursuite de la part du député de Matane d'alors, Pascal Bérubé, je n'aurais pas perdu mon emploi ce jour de novembre 2011. Ce sont des menaces de poursuite qui ont poussé mon ancien employeur à m'indiquer la porte. Il aurait été question dans une conversation téléphonique entre mon ancien patron et du député d'un dossier de 25 preuves qui auraient été accumulées comme étant des attaques que je lançais à l'endroit du député, qui aurait aussi allégué qu'il voulait porter plainte au CRTC et qu'il avait l'appui de six organismes communautaires pour le faire.

Oui j'ai brassé les ondes radiophoniques en Haute-Gaspésie, oui j'ai dit des choses qui ont dérangé des gens, mais je lance le défi à quiconque de prouver que j'ai diffamé qui que ce soit ou propagé des mensonges en ondes ou via mon blog qui figurait sur le site de la station de radio. Je souhaite bonne chance à ceux et celles qui seraient tentés de vouloir le prouver!

C'est pour cela que je m'arrête ici à la liberté d'expression au Québec. Si vous croyez qu'elle existe vraiment, vous vous trompez, et royalement à part ça.

La liberté d'expression au Québec est comparable à celle qui règne dans un pays du tiers monde mesdames et messieurs, aussi simple que cela. Elle est totale cette liberté pour ceux et celles qui pensent comme les autres.

On a le droit de dire ce que les autres pensent, mais on n'a pas le droit de parler contre. On nous laisse la possibilité de s'exprimer au Québec, oui, mais dès que ce que l'on dit commence à avoir de l'effet, si cela ne va pas dans le sens du courant de pensée imposé, on fera en sorte de te faire taire. Croyez-moi si je vous dit que je sais très bien ici de quoi je parle. Pensez à des gens comme le Doc Mailloux, André Arthur, Éric Duhaime ou Richard Martineau par exemple. Ces gens ont fait l'objet de nombreuses critiques et de poursuites et ont été salis alors qu'ils ne faisaient que dire tout haut ce que tellement de gens pensent tout bas...

Le Québec est bien plus fermé et étroit que vous ne le pensez, parce qu'il y a une multitude de vérités qui ne doivent pas être dites, et gare à ceux qui osent en parler! Je crois que nous avons un droit de parole mais à géométrie variable, en ce sens que l'on peut être très critique face à un sujet ou une personne et cela passe très bien, mais si l'on applique la même recette à un autre sujet ou à une autre personne, on commet un « crime grave ».

Vous en voulez des exemples? Vous pouvez dire que l'Islam est une religion de paix et de tolérance et personne ne vous critiquera. Dites le contraire et préparez-vous à subir une tempête! Par contre, vous pouvez déblatérer contre la religion catholique autant que vous le voulez et personne ne s'en prendra à vous. Idem sur des sujets comme la condition féminine, les abuseurs du système qui profitent du BES ou du chômage ou bien des homosexuels. Alors qu'il est très facile pour certaines personnes d'avoir une tribune ou des moyens de poursuivre en justice, d'autres n'ont pratiquement aucun support et le seul droit qu'on leur accorde est de fermer leur gueule!!!

Vous n'en entendrez probablement jamais parler, mais je peux vous donner l'assurance qu'au niveau médiatique, certains élus et d'autres personnalités publiques utilisent amplement la menace de poursuites judiciaires pour faire taire les gens qui ne sont prononcent pas dans un sens similaire à celui désiré.

Vous remarquerez également que des gens se disant ouverts et tolérants sont "rapides sur le piton" quand par exemple ce qui se dit sur les ondes de radios qu'ils décrivent comme étant "poubelles" leur déplaît. D'une part on se dit tolérant, de l'autre on cherche à faire fermer la gueule de ceux qui ne pensent pas comme nous!

Pour en revenir à mon congédiement il y a un an, autant vous le dire, si vous en venez un jour à défendre vos droits en cas de situation similaire, il vous faudra faire preuve de patience. La saga entourant mon congédiement ne s'est terminée que tout récemment. J'ai porté plainte pour congédiement injuste à la mi-décembre 2011, la conciliation s'est déroulée jusqu'à la mi-mars 2012, mais n'a pas donné de résultats. Conséquemment, j'ai fait une demande d'arbitrage, et c'est le 6 août 212 dernier, à Sainte-Anne-des-Monts que la séance a eu lieu. La décision de l'arbitre m'est finalement parvenue le 31 août et le dossier a été fermé officiellement la semaine dernière.

Si vous désirez en apprendre davantage sur l'histoire me concernant, voici divers liens sur le sujet, dont une entrevue en deux parties que j'ai accordé à Sylvain Bouchard, du FM 93 de Québec, le matin du 4 septembre dernier.

Couverture de la nouvelle par Radio-Canada :

Article dans le Journal de Québec (réservé aux membres toutefois) :

Article paru sur le site Web du journal Le Riverain :

Entrevue avec Sylvain Bouchard :


Ai-je selon vous passé les bornes? À vous d'en juger! Et parlant de liberté d'expression, vous avez la possibilité d'émettre vos commentaires dans la section destinée à cette fin!

mardi 2 octobre 2012

Sujet du 2 octobre 2012


Proverbe/citation du jour
"L'homme juste produit la justice hors de lui parce qu'il porte la justice en lui." -Alain


Une liberté d'expression équitable pour tous au Québec?
J'étais vraiment en panne d'inspiration pour trouver un sujet du jour. C'est grâce à une parodie partagée sur mon mur par un ami autochtone que celle-ci est venue. Tshenishkumiten nuistsheuan.

En quelques images, je vais vous démontrer une fois de plus à quel point la liberté d'expression et le droit de parole sont à sens unique au Québec, en ce sens que si t'es un artiste ou n'importe lequel autre supporteur de ce qu'on appelle la «gauche», tu peux exprimer tout ce qui te passe par la tête en te permettant du salissage sans avoir à t'inquiéter, parce que ta cause est «juste», alors que si tu es de «droite», le seul droit qu'on aimerait te donner c'est celui de fermer ta gueule, même si on te crache dessus.

Donc, un ami partage cette image sur mon mur :


Le résultat de cet affichage sur ma page Facebook? Un supporteur du PQ se plaint qu'on ne laisse pas sa chance à Pauline et que des gens de droite ont voulu la tuer, comme c'est arrivé avec Denis Lortie et René Lévesque durant les années 1980, etc. Ce dernier ne doit certainement pas être le seul au Québec à se plaindre en ce moment du « traitement injuste » envers Pauline Marois et à dénoncer la «violence de la droite», comme si des fous comme Lortie ou le tueur du Métropolis sont représentatifs de ce que la droite québécoise prône. Pourtant, on peut compter sur les doigts d'une main les actes de violence de la droite d'ici depuis des décennies, alors que les actes similaires de la gauche en nécessitent plusieurs (ne pensez pas uniquement à des doigts mais à des mains), que ce soit durant la crise étudiante ou plus loin dans le passé avec les actions du FLQ.

Gauche au PQ? Droite au PLQ? Cette dichotomie me fait rire à chaque fois qu'on nous la présente, parce que si on analyse plus attentivement les partis en présence, ils sont tous très au centre et ont en commun une multitude de points (comme l'interventionnisme de l'État) et mis à part la souveraineté, il n'y a fondamentalement que très peu de différences entre le PLQ et le PQ, mais je n'irai pas plus loin sur ce point précis aujourd'hui...

Pour en revenir à la fameuse parodie, si les gens du PQ ou de la gauche en général n'aiment pas qu'on représente Pauline Marois de cette manière dans une parodie du Journal de Montréal, que pensent-ils ce qui suit :









Je n'ai eu qu'à taper "Charest" et "Trou de cul" pour avoir l'embarras du choix dans les images utilisées dans le présent billet. Essayez donc "Marois" et "Trou de cul", juste pour le fun, juste pour voir si la liste est aussi longue...

Donc, cette série d'image est-elle plus acceptable qu'une parodie somme toute bien plus propre s'attaquant à Pauline Marois? Il faut voir plus loin que les attaques envers Jean Charest dans ces images. Il s'agit dans un sens encore plus large d'une attaque envers quiconque ne partageant pas le point de vue socialiste, souverainiste, syndicaliste, étatiste et même environnementaliste, somme toute "gauchiste" qui prévaut au sein d'une certaine élite intellectuelle québécoise et de la partie de la population (loin d'être majoritaire) qui supporte ces idéaux.

Ces images ne rappellent-elles pas aussi qu'un vrai débat intelligent n'existe pas présentement au Québec?

Je n'ai pas entendu qui que ce soit du PQ ou de la gauche dénoncer du salissage du genre. Pourquoi donc? C'est selon moi parce que ces personnes sont tellement convaincues de la justesse et du bien-fondé de leurs idées qu'elles croient que toute personne ne partageant pas leurs idées est automatiquement dans le tort et qu'elle ne devrait pas avoir le droit non seulement de parler, mais aussi de penser autrement! Les supporteurs de la gauche ont le haut du pavé, parce qu'ils sont majoritaires dans des domaines comme l'éducation et les médias. Ces préjugés favorables sont tellement incrustés qu'ils sont «normaux», cela explique aussi pourquoi le débat n'est pas équitable pour tous.

Pour conclure, parlant de « donner une chance » à Pauline, n'a-t-elle pas déjà eu largement sa chance à titre de représentante du PQ dans des gouvernements antérieurs? En quoi mériterait-elle un traitement de faveur en 2012?

Vos commentaires sont les bienvenus!