mardi 7 février 2017

Le 7 février 2017

Proverbe/citation du jour
“La première victime d'une guerre, c'est la vérité.”-Rudyard Kipling


La septième victime de la tuerie du Centre culturel islamique de Québec : la liberté d'expression
Je me suis volontairement abstenu d’émettre des commentaires au sujet de la tuerie du Centre culturel islamique de Québec depuis la semaine dernière.

Cela n’est pas mon style de me mette à courir dans tous les sens comme une «poule pas de tête» quand drame il y a. Je préfère autant que possible laisser la poussière retomber avant de juger, que ce soit lors d’une tuerie ou bien quand une personne est jugée pour un crime.

Dans les heures qui ont suivi le drame, en visionnant un extrait d’un vidéo émanant du centre dans lequel on évoque la compétition entre diverses mosquées, j’ai évoqué la possibilité que les  auteurs de la tuerie pouvaient être des membres d’un groupe rival, car à ce moment, on parlait de deux tireurs, dont un qui aurait crié « Allah Uh Ackbhar », mais la description des événements a changé par la suite. À ceux et celles qui disent que j’ai été trop rapide pour en venir à cette conclusion, je réponds que j’ai interprété les événements en fonction des informations fragmentaires qui étaient disponibles à ce moment, sans aller dans l’exagération, comme bien d’autres.

Je considère que la police a été «poche» dans son traitement de cette affaire, en prenant notamment beaucoup trop de temps pour nous faire savoir des détails à propos de la personne qui a commis le crime, mais aussi pour innocenter un musulman qui était sur place et qui a été associé à la tuerie.

Les représentants de la GRC, de la SQ et de la police de Québec ont eu l’air d’une belle bande de twits lors de la conférence de presse sur le sujet, si vous voulez savoir mon avis, en étant en plus incapables d'offrir des réponses en anglais aux journalistes présents sur place, car il était évident que l'événement avait une envergure internationale et que des journalistes étrangers seraient présents. Ces gens étaient mal préparés et mal organisés.

Six personnes qui ne méritaient en rien de mourir ont rendu leur dernier souffle la semaine dernière, alors que d’autres ont subi des blessures qu’elles ne méritaient pas. Des familles, des proches, sont aussi affectés. Cela est inacceptable et je suis comme la plupart d’entre vous désolé de tout cela.

Cependant, je ne vois pas en quoi nous devons ramper à genoux relativement à cette tragédie plus que nous ne devrions le faire quand des gens ailleurs dans le monde sont tués dans des circonstances similaires, que ces victimes soit musulmanes, chrétiennes ou d’une autre religion ou mode de pensée. Toute tuerie est un tuerie de trop, peu importe la couleur des victimes et leur religion.

Ma principale peur n’est pas directement liée à la possibilité que d’autres événements du genre se produisent. Malheureusement cela risque d'arriver, parce que des fous qui tuent, il y en a toujours eu et il y en aura toujours, hélas. La prévention reste le meilleur moyen pour éviter de tels drames.

Présentement, les profiteurs qui en tirent avantage sont nombreux et ne sont pas nécessairement ceux à qui vous songez de prime abord.


Philippe Couillard à Tout le monde en parle

Croyez-vous vraiment que les politiciens qui pleuraient lors du service des victimes ne songent-ils pas d’abord et avant tout à ce qu’ils peuvent en tirer politiquement?

Ne croyez-vous pas que les forces de police ne salivent pas à l’idée d’obtenir plus de pouvoir pour nous surveiller? Cela signifie aussi plus de budget.

Et que dire que la Gogauche qui tape constamment sur les gens de la droite, qui sont toujours un bouc émissaire facile à viser? La Gogauche utilise tout bois pour se faire des flèches afin de faire taire quiconque l'indispose. La tuerie de Québec devient un argument de plus.

Vous pouvez ajouter à cela le fait que les lois relatives à la possession et à l'acquisition d'armes à feu vont être resserrées plus encore, alors qu'on va encore une fois pousser sous le tapis le fait que l'auteur de la tuerie souffrait, comme Marc Lépine, de sérieux problèmes mentaux.

En fait, je crains un impact néfaste indirect lié à ce drame qui va toucher notre société : les atteintes à la liberté de parole.

En toute franchise, quand je lis un commentaire comme celui qui suit, émis par le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, lors de son passage à l’émission « Tout le monde en parle », dimanche dernier, je trouve que ÇA PUE :

«Les gens sur les réseaux sociaux qui envoient des conneries haineuses, ils sont surveillés. Si vous continuez, vous aurez un casier judiciaire, et vous l’aurez pour toute votre vie et vous l’aurez bien mérité.»

Je pense la même chose du fait que le discours qu’on peut entendre dans les radios de Québec (entre autres) soit considéré comme subversif, au point même ou des bien-pensants de notre système éducatif recommandent aux chauffeurs d'autobus scolaire de bannir l'écoute de ces stations dans leur véhicule.

Que l’on agisse contre des gens ayant un réel discours dangereux ne me cause aucun problème, qu'on les ramasse et qu'on sévisse envers eux, autant quand un Québecois de souche bat un immigrant que lorsque qu'un membre d'une communauté visible commet un crime racial envers un "pure laine" (parce que cela arrive aussi!)

Cependant, dans la situation actuelle, la rectitude politique aidant, le simple fait de se questionner dans des limites raisonnables sur des sujets comme l’accueil et l’intégration de nouveaux arrivants, de même que la place de la religion dans la vie civile, peut devenir criminel, et ce même si votre questionnement n'est aucunement raciste ou haineux. Cela est un précédent dangereux qui m'indispose.

Il y a à mon avis une septième victime de la tuerie du Centre culturel islamique de Québec : la liberté d'expression.

Pour la première fois depuis mon retour en Gaspésie, en janvier 2007, l’envie de chrisser mon camp du Québec, et même du Canada, me revient. J'ai déjà songé dans le passé à partir vers l'Ouest et j'ai habité Terre-Neuve durant une année et demie au début des années 2000.

Si la situation devient intolérable, si on ne permet plus du tout à une personne d'émettre des idées qui ne sont en rien haineuses, au nom de la sacro-sainte rectitude politique, la possibilité que je "lève les feutres" de ma terre natale pourrait bien devenir chose concrète.


Me Guy Bertrand se prononce sur les paroles de Philippe Couillard à TLMEP
Selon Me Guy Bertrand, le premier ministre Philippe Couillard a intimidé le peuple québécois lors de son passage à Tout le monde en parle.

Voici un vidéo tiré de sa page Facebook où il s'exprime sur le sujet :





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